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CARTES BLANCHES 2018

DANS LE CADRE DE PARÉIDOLIE, LE CHÂTEAU DE SERVIÈRES PROPOSE UNE CARTE BLANCHE À :

GALERIE SINTITULO

Pendant PAREIDOLIE la galerie Sintitulo présentera l’artiste Jean-philippe Roubaud

Jean-Philippe Roubaud

Dans son retour volontaire aux principes séminaux de la pratique du dessin, Jean-Philippe Roubaud a trouvé la voie d’une concentration extrême, à la fois matériologique, technique, processuelle et mentale, en même temps qu’il s’est ouvert une perspective prodigieuse sur la mémoire historique du médium. Dans cet écart, il construit, série après série, les pièces du labyrinthe imaginaire qui met au jour les détours d’une recherche artistique singulière. Les images qu’il nous livre, placées sous le double signe de l’anamnèse et de la réflexion sur le statut des représentations, mettent en tension une référence particulière à l’histoire de l’art, confrontée aux questions brûlantes posées par l’élaboration d’une œuvre délibérément immergée dans la passion de son époque.

C’est ainsi que la puissance d’abstraction de la traduction au noir, commune au dessin et à la photographie primitive rend compte avec quelquefois une hallucinante précision descriptive de la présence d’un objet « in absentia », ou plutôt du fait même de son absence. La présence visuelle du dessin est, en ce sens, l’hommage fascinant d’un signifiant à un signifié inaccessible.

En effet, la plupart des œuvres apparaissent comme de véritables petits dispositifs, où la part laissée à un éloge de la virtuosité technique inhérente aux critères académiques du médium est toujours contrebalancée et interrogée par une variété de compléments sémantiques indiquant la distance voulue par l’artiste pour mettre en échec toute complaisance passéiste. Son arme favorite est en ce cas l’humour qu’il utilise de différentes manières, soit dans les titres des séries, soit dans les systèmes de connotations qu’elles rendent visible, soit dans l’agencement même de l’image, soit enfin dans le décalage pseudo vintage de son style.

(extraits du texte de Jean Marc Réol, dans Didascalie 1 Nature / Culture, éditions Sintitulo 2017)

Jean Philippe Roubaud (n. 1973) vite et travaille au Cannet. Il est diplômé de la Villa Arson en 2004 et enseigne à la Villa Thiole, école des Beaux Arts de la ville de Nice.

La Galerie Sintitulo

Travaillant essentiellement sur l’art actuel, la galerie Sintitulo fonde son action sur plusieurs principes :

Elle est un espace d’exposition, de rencontre et d’échanges entre une génération d’artistes « établis » et des artistes « émergents », avec des expositions temporaires ouvertes à tous publics ; Elle porte une attention régulière à la scène artistique  locale (Provence Alpes Côte d’Azur) et sa complémentarité avec des recherches artistiques représentatives au niveau national et international; Elle mène travail attentif pour la conception d’outils d’aide à la visite adaptés à chaque type de public et un accompagnement personnalisé pour chacun de ses visiteurs; Elle entretient une politique de collaboration professionnelle avec les institutions spécialisées en art contemporain; Elle initie et soutient des propositions éditoriales qui privilégient l’accueil et la diffusion de critiques d’art significatives; Elle mène des actions concrètes pour le développement d’un réseau de collectionneurs locaux et la création de nouvelles collections d’entreprise.

La galerie a été fondée à Nice, par José Louis Albertini, architecte et collectionneur. Elle a été inaugurée en 1990 en présence de Léo Castelli. Aujourd’hui abritée par e.c.a. architecture, la galerie est lieu relais du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur à Mougins, fait partie de Botoxs, réseau d’art contemporain Alpes et Riviera et participe depuis 2017 à la Saison du dessin initiée par Pareïdolie.

Depuis 2017, notre liste d’artistes est renouvelée. Aux artistes comme Arnaud Vasseux et Jean Philippe Roubaud que nous suivons depuis une dizaine d’année s’ajoutent : Sebastien Arrighi, Laurent Derobert, Anthony Duchêne et Jérémie Setton.

DOUBLE V GALLERY (Marseille) 

Pendant PAREIDOLIE,  Double V Gallery présentera les artistes :

Caroline Denervaud
Benjamin Ottoz
Adrien Belgrand
Manoela Medeiros

 

Double V Gallery

Présentation la Double V Gallery.

Fraîchement installée dans l’enceinte qui a vu naître Edmond Rostand en 1868, la Double V Gallery se veut un espace d’exposition singulier où les médiums, les générations et les notoriétés diverses se côtoient.

Cycles d’expositions, performances, projections, présentations d’ouvrages… Double V affirme sa volonté de devenir un lieu de diffusion pour la scène internationale, avec une attention toute particulière portée aux artistes émergents français et méditerranéens.

Les rencontres entre artistes, commissaires, critiques et surtout l’ensemble des visiteurs sont au cœur de ses préoccupations, pour impulser une nouvelle vision de la galerie d’art, qui privilégie autant le plaisir, l’émotion que la culture et l’érudition. 

Calorine Denervaud

Née en 1978 à Lausanne, CAROLINE DENERVAUD s’initie à la danse, contemporaine et classique. Par le geste, rythmé et à travers l’improvisation elle trouve un moyen d’expression fort, vibrant. Elle étudie la danse, la chorégraphie et la méthode Laban au Laban Center à Londres puis explore une recherche plus plastique aux Beaux-Arts de Paris. Caroline finit par étudier le stylisme de mode au Studio Berçot. Aujourd’hui, elle propose ses peintures, traces et collage à la galerie Tappan à Los Angeles, à la galerie Nord à Lille, Moving Art à Nice qui la représente, et Otomys à Melbourne.

« Mon travail porte sur un équilibre, la recherche d’une stabilité instable. Le travail sur le mouvement se crée dans une improvisation, laissant le corps et son émotion créer une trace. Le geste, balance de l’intrinsèque à l’extrinsèque. Le rythme crée la ligne, la forme mouvante du corps s’impose en figure animée, composant des possibilités visuelles, jouant sur la tension ou le lâcher prise, la lenteur ou la rapidité, dans un espace et temps restreints. Cette performance autofilmée, laisse ainsi une trace sur papier, complétée ou non plus tard à la gouache. Le travail de peinture se construit dans un jeu d’équilibre de formes et de couleurs. Compositions presque abstraites, rencontres et éloignements. Les éléments narrent une histoire cachée, le ressenti est fixé sur le papier. »

Benjamin Ottoz

Ma pratique veut se situer « entre », à l’endroit des frontières ; là où les choses sont incertaines, ambiguës ; là où les mots n’ont que des détours à prendre. Produire des formes comme des espaces de potentiels, propices à un surgissement.

Cette posture, cette attitude dé nit à ce jour une pratique plastique hétéroclite, indisciplinée ; au sens où elle ne s’attache pas à un médium, à une manière ou à un style. Il y aurait plutôt, des chantiers. J’entends par là des zones de ré exions, de construction ou quelque chose à un moment donné prend forme, se cristallise pour entrer en résonance et s’exposer.

Le projet Serendipity a émergé dans un rapport à l’atelier, territoire d’expérimentation et d’exploration qui ouvre les possibles. La notion de sérendipité est apparue pour nommer un moment d’atelier, une apparition, un surgissement et in- ne une méthode de recherche. La sérendipité est originellement le fait de réaliser une découverte de façon inattendue, accidentelle ou à la suite d’un concours de circonstances, c’est aussi la faculté de voir et d’exploiter ce surgissement.

Ainsi, dans l’atelier, alors que je peignais une sculpture à la bombe, de la peinture pulvérisée s’est déposée accidentellement à la surface d’un papier froissé, un déchet qui traînait dans un coin. Plus tard, en rangeant l’espace de travail, je retrouve ce morceau de papier, le défroisse, puis le marou e au mur pour l’observer. Quelque chose était apparue. Le retour au plan du support laissait apparaitre une trace, une empreinte, que la peinture avait révélée en se déposant à la surface du support accidenté. Un spectre, un «ça a été», une image ? Quelque chose était là, quelque chose qui me surprenait, me dépassait, et allait devenir l’objet principal de mes préoccupations plastiques.

Les rencontres entre artistes, commissaires, critiques et surtout l’ensemble des visiteurs sont au cœur de ses préoccupations, pour impulser une nouvelle vision de la galerie d’art, qui privilégie autant le plaisir, l’émotion que la culture et l’érudition. 

Adrien Belgrand

Il dit : « j’essaie de mettre le plus d’informations possible ».
On s’approche de Nage : fascination du détail perdu dans les plis de l’eau, sentiment d’in nité.

Les reflets blancs, ailes d’ange géantes, contiennent les lignes de fond de la piscine, le plafond de celle-ci peut-être, d’autres éléments d’architecture anamorphosés. Idem dans Horizon, où l’on compterait les branches des arbustes ou les plaques de neige sur la montagne. On peut regarder les toiles d’Adrien Belgrand sans jamais les épuiser tant elles sont en effet informées, c’est-à-dire emplies de formes, emplies d’un regard à l’œuvre, caché sous une apparence d’objectivité.

Car rien de moins neutre que le « réalisme » auquel on pourrait ranger le plasticien de 33 ans qui, pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie ALB, propose quatorze toiles récentes sur le thème des « reflets ».

Depuis ses débuts en peinture, en 2006, Belgrand travaille par séries, à partir de clichés qu’il prend et retouche numériquement. Double travail d’interprétation : d’abord la composition photographique de l’image, sa mise en scène, qui se nourrit intellectuellement d’une connaissance historique – on reconnaîtra sans peine des hommages à Millais, Manet ou Vermeer –, puis le passage sensuel à la peinture, au terme d’une longue maturation. Il y a alors « cristallisation de l’image » dit l’artiste : il « pousse certains éléments de la toile », informe et déforme en s’attelant à la texture, au velouté de la touche. Le résultat est délicat, c’est-à-dire minutieux et léger à la fois. Tout est là dans les compositions de Belgrand, rien ne manque, pas de mélancolie comme chez le premier Hockney, dont il se réclame : plénitude. Aucun hors-champ, le monde est clos. De chaque côté d’Horizon se reproduiront les mêmes aques, les mêmes parkings, la brume accrochée aux rochers. Pas de narration, pas d’avant ni d’après, car même si l’image saisit un instant (l’explosion d’une fusée d’arti ce, un plongeon), la temporalité ici est celle de l’itération : ce à quoi nous assistons s’est déjà produit et se produira encore, se suffisant à soi-même comme le sommeil à la dormeuse de Désordre. Peut-être la gure de Nage est-elle également endormie : à la différence de l’Ophélie de Millais, elle a les yeux fermés. On ne trouve d’ailleurs pas de personnage, chez Belgrand, qui ne détourne le regard ou carrément ne nous tourne le dos, plongé dans la lecture d’un téléphone ou d’un livre, le lavage d’une assiette, ce qui fait souvent de ses tableaux une sorte de « scène » freudienne onirique.

On pense à l’éternel retour, et au début du Gai savoir de Nietzsche : « Ah ! Ces Grecs comme ils savaient vivre. Cela demande la résolution de rester bravement à la surface, de s’en tenir à la draperie, à l’épiderme, d’adorer l’apparence et de croire à la forme, aux sons, aux mots, à tout l’Olympe de l’apparence. Les Grecs étaient super ciels… par profondeur. » S’il n’y a aucun mystère dans le quotidien dont l’artiste rend compte (on ne se demande jamais ce que font les personnages), il y en a sans doute un dans le regard qu’il pose sur cette banalité contemporaine. Les « reflets » de l’ex- position, note Belgrand, sont une figure de la spécularité, d’un arrêt de l’œil par sa propre image, d’une vitre séparant le sujet de sa propre compréhension. C’est aussi le masque (celui de son modèle attitré, Arin, dans Nage) en tant qu’il oppose une résistance, une réflexivité, à l’envisagement. Ce qu’on voit ainsi dans les tableaux d’Adrien Belgrand, plus que des paysages, personnages, lieux symboliques (bassins, chambres), c’est une attention à la vibration du monde, une intensité particulière dans son appropriation, la mise en couleurs et en pâte d’un rapport, d’une façon d’habiter. L’intimité est dans la peau, le geste : la surface oppose son unité, le désir ne peut pas tout pénétrer, mais il essaie.

A ce titre, Belgrand est le peintre de la douceur, ajoutant les unes aux autres des couches transparentes d’acryliques comme une caresse sur une caresse, couvrant le monde pour mieux le dénuder.